I have a dream

5 février 2011

Pardon Mr MARTIN LUTHER KING, mes rêves  sont moins ambitieux et moins louables que les tiens parce que plus égoïstes, mais l’aspiration n’est pas la même non plus.

   La grande ville était maintenant à une bonne vingtaine de kilomètres derrière eux et  disparaissait derrière les forêts et les collines. Ils traversaient le dernier petit village qui se réveillait de sa sieste peut-être. A la sortie, un chemin de terre, bordé de quelques platanes en pleine force de l’âge, les  y mena tout droit : un portail en bois, en fer, on ne savait plus, tellement il était recouvert de  nombreuses couches de peinture. Mais ce qui était certain, c’est qu’il ne fermait plus. Le déloger de sa position et lui redonner son rôle  fera l’objet de quelques coups de binette voire de pioche.

Des nuages de ronces, de mûres, s’agrippaient aux  rangées de fil de fer, eux-mêmes soutenus par des éclisses de châtaigner plantées régulièrement. L’ensemble clôturait ce terrain sur 360 degrés, juste pour dissuader vaches, chevaux et autres moutons de s’approcher trop près des  humains et en particulier de la Liloune. Au loin, hêtres, chênes et peupliers rivalisaient d’envergure pour cerner les parcelles et rompre, de leur verticale, la ligne d’horizon. Quelques trognes de saules par-ci par-là annonçaient des fossés remplis d’eau.

La fermette, un peu biscornue, comme toutes ces habitations qui se sont étalées au fur et à mesure que la famille s’agrandissait, trônait presque au milieu.

La porte s’ouvrit sur  l’entrée cuisine salle à manger. Il ne restait pas grand témoignage d’une précédente présence humaine : un évier carré, en émail blanc, fissuré, et son meuble 2 portes dont la peinture n’avait même plus de nom, un trou dans le plafond  qui fut sans doute réservé au tube d’évacuation du poêle et le sol carrelé qui demandera quelques coups de nettoyeur haute pression avant de retrouver ses motifs. Un fil et sa douille au plafond  prouvaient l’arrivée de l’électricité et deux portes en plein milieu d’un mur laissaient augurer la

présence d’un placard. Quelques carreaux de plâtre et  un plan de travail  viendront compléter les rangements, un coup de badigeon sur les  murs, un bon  fourneau imitant  celui de sa grand-mère et la cuisine sera prête pour refaire confitures et autres potées.

En face, une autre porte les invita à suivre le couloir qui, sur la droite desservait une chambre et une salle d’eau. Aïe, là l’empreinte des hommes était flagrante avec  cette mode de recréer la nature à l’intérieur,  alors qu’elle était partout à l’extérieur : de grosses fleurs vertes, oranges, naïves, géométriques, tout ce qu’elle aime et qu’elle va s’empresser de rajeunir. La porte fenêtre donnant sur le jardin, par contre faisait office de dédommagement et sera  un élément précieux.

La pièce contigüe sera leur chambre, largement de quoi y installer le lit king size, les chevets, l’armoire dressing et pourquoi pas, y remettre la petite coiffeuse qui retrouvera sa fonction première.

A l’autre bout du couloir, quelques marches leur permettent de descendre dans le futur salon qui n’était autre que l’étable autrefois. Pas besoin d’un hectare non plus pour reloger le mobilier et se refaire un petit cocon avec tout ce qu’ils ont déjà. Allez, un petit effort sera nécessaire pour transformer cette ouverture riquiqui en une baie vitrée donnant sur la campagne.

Et pour parfaire le tout, il suffira de quelques heures de travail pour remettre en état cette dépendance afin qu’elle devienne une salle de jeux pour les mamans. L’armoire à tissus, à laine, à caisses de bricolage doivent bien loger quelque part ! Ils  pourront la partager avec la salle de jeux des papas.

Quant aux enfants, petits enfants et amis qu’ils ne manqueront  pas d’inviter, les combles, une fois bien isolées et éclairées, feront l’affaire. Pas envie  de  cloisons, mais de simples alignements de cubes empilés sous les poutres pour délimiter les territoires.

Le jardin, généreux, ouvert, ne demande qu’à poursuivre son destin. Tout est question d’évolution à leur  image : un tilleul  abritera  la table ronde, une pergola récupérée « au bon coin »,  satisfera  leur  coin fumeur. Ah si, quelques arbres fruitiers  pour contenter les papilles ainsi que les arbustes et fleurs préférés, trouveront place d’années en années.

Tu vois, Martin, mon rêve n’est pas si démesuré! Je pense qu’il sera bien plus vite réalisé  que le tien.

 

Passage obligé

Un dernier coup d’œil pour être sûre de ne pas regretter.On n’achète pas une maisoncomme une paire de chaussettes.

   Mais décidément, c’est le coup de cœur comme on dit, LA rencontre. Enfin, disons que c’est elle qui l’a épinglée. Elle a  trouvé les mots : « Fais quelque chose pour moi, remets-moi un peu d’animation. Avant, la fumée animait ma cheminée, le plancher du couloir craquait et je reconnaissais le pas ; par les fenêtres ouvertes, j’entendais gazouiller. Aujourd’hui, plus rien, je m’ennuie. Je m’enlise tellement dans mon isolement que même le lierre ne s’aperçoit plus de ma présence et s’arroge tous les droits. Allez, viens, je sens qu’on va bien s’entendre.

Depuis quelques mois, ils  en avaient visité des maisons. Ils  avaient consacré moult vacances et week-end  à parcourir les départements qui les attiraient, à explorer des régions qui les séduisaient, bref, à chercher la perle rare.

Ils  en avaient vu des pas belles, des trop petites, des trop hautes, des frimeuses BCBG qui n’avaient aucun charme, des trop serrées  …

Un ultime petit tour au jardin. Même les volets clos – l’agent immobilier n’oublie jamais de les refermer – lui font le coup de la séduction, tu connais déjà mon faible pour ce genre de persiennes. Ne t’en fais pas, si tout va bien, dans trois mois maximum, on revient !

Les jours et les semaines qui suivirent  ne furent  pas de tout repos. C’est à la fois l’euphorie et le stress, l’allégresse  et  l’appréhension, l’entrain et l’inquiétude. Jongler entre une vente et un achat, ce n’est pas rien. Il faut que les dates concordent. Je ne peux pas signer, « la future » si je n’ai pas vendu l’autre. Et mes meubles, je les mets où, si je ne peux pas encore te les confier. Quant aux cartons, ce n’est pas toi qui les fais, bien sûr. Je sais, tu es déjà gentille de tout accepter. Mais si je t’apporte brosse à dent par brosse à dent, et clou par clou, on ne va pas s’en sortir, toi et moi.

Le plus difficile dans un déménagement, c’est l’organisation. Le tri avait déjà fait lors du précédent. A cette époque, il y a … ah oui déjà dix ans,  c’était  impératif faute de place. Puis, petit à petit, les objets sans valeur, ni sentimentale ni financière, avaient disparu de leur quotidien. Il n’y avait plus rien dont elle voulait se débarrasser. Ah, objets, choses, bidules, machins ! Une âme, bien sûr que vous en avez, dans les souvenirs que vous évoquez, le petit épisode de vie que vous nous retracez.

Les cadres, les affiches, les luminaires, pour tout ça, pas de scrupule, ce n’est qu’une somme de trous et de chevilles qui marqueront les murs, comme dans la cuisine où les joints du carrelage auront certainement besoin d’un petit coup d’étanchéité : oui, elles sont sympas, ces grilles et ces tringles pour suspendre la  batterie d’ustensiles, et elle les emporte. Dans la salle d’eau, encore des petits trous : elle ne laisse pas le porte-serviettes qui sert en fait de bibliothèque, c’est un souvenir de Tante Simone. Elle  regrettera la douche revêtue de ses galets, le meuble-lavabo et son miroir XXL,  en fait, je crois que c’est la pièce qu’elle  regrettera le plus, sans doute parce que c’est celle qui leur a donné le plus de fil à retordre et  je trouve qu’ils s’en étaient  super bien sortis dans son aménagement.

Voyons dehors à présent.  Combien d’heures au jardin pour qu’il ait ce cachet. Pourtant, il est pour beaucoup dans son envie de partir ; son enclavement a eu raison de son moral et elle sentait de plus en plus  ses méninges  s’enfermer, victimes de ce peu d’horizon. Au propre comme au figuré, elle manquait d’ouverture !

Non, ils ne démonteront  pas la serre ni la cabane à outils, pas plus que le box. Peut-être, un jour, ils craqueront pour les remplacer. Quant au reste, fleurs, fruits, légumes… tout est éternel recommencement dans la nature, et ils referont  ailleurs.

Deux semaines auront finalement suffi. Les livres ont encore gagné au poids. Pour le dernier jour, Petite roulotte Adria leur a été d’un grand secours aussi. Elle a tout en double, c’est pratique.

Voilà, c’est le jour J. Ils  quittent  un département qui ne les aura pas enthousiasmés outre mesure et à mon avis, il faudra une occasion bien extraordinaire pour qu’ils  y remettent  les pieds.

 

Quand et comment cette envie de partir lui est-elle apparue ?  Ce fut assez brutal, il me semble. Elle avait pourtant  tout fait pour s’approprier ce petit chez-eux  au pied de la Ste Vierge qui  ne l’a d’ailleurs pas dérangée. La promotion professionnelle de l’été précédent, qu’elle  n’attendait pas si  tôt, hâtait son départ en retraite puisqu’ aucun échelon supplémentaire ne viendrait mettre plus de beurre dans les épinards. A elle, les réveils sans réveil, les journées plus sereines, aux décibels limités aux chants d’oiseaux et … oh ! Sublime libération, ne plus penser projets, objectifs, apprentissages. Ou plutôt si, mais un projet et des objectifs à elle, des apprentissages en jardinage, en maçonnerie ou menuiserie, que sais-je ! La panoplie de ses envies est infinie.

L’hiver a été long et particulièrement froid. Seule la grisaille les entourait, alors que la neige aux alentours magnifiait le paysage. Mais, ils ne pouvaient pas le voir, leurs  yeux ou les siens du moins, buttaient trop souvent sur un toit, un mur.

Alors,  soudain, comme une angoisse à rentrer à la maison, le blues sur la route de retour du travail. Ses yeux se mettent à contempler l’immensité de la campagne plutôt que de scruter la chaussée. Et elle commence à  comprendre qu’elle  ne veut pas vieillir enfermée dans ces quatre murs-là.

 

Premier commandement

 Incroyable ! Un rêve qui se réalise ! Jusqu’au bout, on n’y croit pas, pour ne pas se faire trop mal si un os se mettait en travers du chemin. Mais, on ouvre tout grand les yeux, et on ne rêve plus, on y est. Les meubles ont trouvé leur pièce, les cartons, ah non, pas encore vidés mais ils savent où ils vont, c’est écrit dessus, on verra ça plus tard !

Avant tout, sortir de son emballage la chaise longue en rotin et lui offrir son poste d’observation : plein sud, la tête dans les rosiers, vue sur les cosmos en fleurs et au loin, sur un champ de « Marguerites » blanches et noires que l’on apprivoisera bientôt. Et… profiter de l’instant. On a toute la retraite pour ranger, lessiver, rénover, rajeunir, même si on sait qu’on ne sera pas si patient et tolérant face à la besogne qui nous attend.

Profitons du panorama tant attendu,  que les services de l’urbanisme ont eu la bonne idée de préserver à jamais, proximité du château et sauvegarde du patrimoine obligent.

Même en fermant les yeux, elle s’en gave de ce paysage. Au loin, des cloches sonnent la demie, un coq n’a pas vu l’heure et la gratifie de son cocorico, la brise lui fredonne des bouffées d’herbes folles et les passereaux tout proches s’inquiètent un peu de sa nouvelle présence.

C’est le moment idéal pour penser à pendre la crémaillère avec les voisins, pour consulter la carte IGN du coin et ses petites routes de randonnées en vélo, pour imaginer la petite barrière qui délimitera le potager…et pourquoi pas, organiser cette fameuse semaine de retrouvailles, pour fêter la retraite avec la famille. Elle l’avait imaginée en gîte, mais ici ce serait  encore mieux : les plus vaillants sous leur tente et les « rouillés » dans des vrais lits.

Et, de fil en aiguille, elle commence à inventer ce nouveau chez-eux. Elle n’a pas l’intention de se précipiter. Elle est  prête à affronter les pièces en terre battue, les peintures et les murs écaillés.

« Le bonheur est sous le toit »

  Le petit bénef réalisé sur la vente sera vite  englouti dans l’isolation du toit  et l’agrandissement des deux lucarnes existantes, mais c’est le  plus urgent pour que les enfants puissent venir profiter du spectacle  au cours de leurs vacances.

Les anciens rideaux du cagibi ont fourni le point de départ de la décoration : du blanc, du vert anis et quelques touches « framboise ». L’affaire est entendue,  à condition de mettre la main sur la machine à coudre et ses accessoires et  d’ajuster tout cela à la bonne hauteur. Restent à poser les tringles et voilà qui suffit à établir les petites frontières nécessaires à l’intimité de chacun.

« On va procéder ainsi : réfléchir à l’aménagement de chaque pièce  en utilisant pour chacune d’elle un élément que l’on a déjà : un rideau, un guéridon… qui donneront le ton, tu auras droit à quelques nouvelles peintures, bien sûr. »  Mais, ne rien jeter, acheter le minimum et si possible d’occasion ; le bon coin et la récup, elle adore. « Je pense que ça t’ira bien »,  et en plus, ça va satisfaire son côté décroissante. Chez « combles de rêve », ils pourront s’aligner !

Quelques hésitations malgré tout. Les touches de couleur, sur les murs ou sur les meubles ? Pourtant, il faudra rompre un peu cette monotonie. La tête de lit repeinte et customisée pourra y participer mais  ne suffira pas, à moins qu’elle ne réinstalle le ciel de lit  dans une autre couleur ! Et au sol, le parquet en l’état ? Un tapis ?   Imaginons… Les chevets de chaque côté du grand lit, le clic-clac face à sa commode et  sa fidèle console de jeux. Les matelas d’appoint resteront en place, gonflés,  avant  qu’un vide-grenier  ne les remplace progressivement par de vrais lits. Une des deux bibliothèques devra bien trouver une petite place aussi.

Bon, trop d’incertitudes encore, donc on ne fait rien de définitif, on attend l’inspiration et les idées que les enfants ne manqueront pas de donner et dont elle tiendra compte … ou pas !

Juste un  coup de peinture sur le « placo » pour éviter la poussière et ce sera un superbe dortoir. Tout ce petit monde va pouvoir enfin se réunir pour plusieurs jours, ce qui n’était plus arrivé depuis que les petits-enfants avaient grandi, sauf quelques trop rares week-ends d’été, quand le « camion-camping-car » pouvait servir de couchage. Elle est impatiente. Et que dire du prochain Noël tous ensembles. Ce pourra être l’occasion de planter un sapin dans le jardin ou pourquoi pas retrouver le bouleau pleureur !

En fait, c’est déjà pas mal, elle n’est pas certaine que cette pièce ait le cachet un peu dépouillé qu’elle espérait. Mais elle reste réaliste et sait bien que  le confort et le fonctionnel sont les secrets de la vie en collectivité.

Elle ou il cuisine

Vous avez dit vie en collectivité ? Mais bien sûr !  Ça veut dire repas à assurer pour tout ce petit monde, même quelques jours par an. Alors, là c’est vite réfléchi parce que ça fait bien longtemps qu’elle l’avait pensée sa nouvelle cuisine. Non, plus d’artisans qui vous prendront les yeux de la tête pour tout installer. Elle l’imagine bien cette réédition de vieux fourneau avec sa hotte, en noir ou rouge bordeaux ou même inox, avec ses boutons en laiton, elle préfère les mettre là ses yeux !!!!!!!!! Pour le reste, elle l’a déjà dit : de chaque côté de l’espace cuisson, des niches en carreaux de plâtre chapeautées  d’un plan de travail tout simple, en bois bien de chez nous, labélisé  PEFC cela va de soi, juste protégé  de l’eau, des graisses et autres sauces. Tringles et rideaux de toile de lin viendraient cacher les batteries d’appareils, assiettes et plats, à moins que quelques planches de palette poncées, grisées et agencées en porte  ne jouent le même rôle. Le bahut relooké en « campagne chic »  complèterait l’équipement.

A portée de mains, quelques étagères hétéroclites pour y exposer les ustensiles les plus rétros qui soient, et sur le rebord de la fenêtre, une tablette prête à inonder de lumière les pots d’aromatiques, les jeunes boutures et  autre germoir. Le confiturier ne retrouve pas son poste. Qu’à cela ne tienne, le salon l’accueillera volontiers ; les jeux de société et les partitions auront tôt fait de le remplir. A propos, sans déranger les voisins et sans empiéter sur son emploi du temps,  pourquoi ne se remettrait-elle pas au piano ?

Sitôt pensé, sitôt réalisé. Avant tout, badigeonner les murs pour harmoniser l’ensemble dans des nuances de blanc, de gris.  Elle sent déjà que cette pièce sera chaleureuse et agréable à vivre.

Un peu de répit s’impose.

Vacances en Septembre

Qu’elle est cette étrange impression de « j’oublie quelque chose » ? Est-ce normal, ces longues heures à prolonger la lecture, à laisser l’imagination vagabonder ? A-t-elle manqué des épisodes ? Non, en fait, ce doit être ça la retraite. Pouvoir vaquer à sa guise, sans précipitation mais sans perte de temps.

A quoi pense-t-elle en ce moment, entre deux rangs de tricot ou deux coups de pinceaux ? Aux collègues qui surveillent la récréation et préviennent  bobos et  bagarres, ou bien qui  se concertent pour mettre au point le dernier projet et ses objectifs à atteindre ? Aux enfants de tous âges qu’elle a côtoyés pendant ses années d’enseignante, leur spontanéité, leur envie de faire, leurs rires, leur vie difficile  parfois ? Elle rit encore de ses premières inspections, flageolante d’angoisse, et de ses premiers bégaiements dans la conduite d’un conseil d’école. A moins qu’elle ne repense à ses débuts et ses bévues dans les préparations et la conduite de classe. Finalement, elle ne s’est pas ennuyée pendant ces quelques trente cinq années. Les matins se sont succédé à une vitesse grande V. Plus de six mille sonneries de réveil honorées ! Ce n’est pas rien. Combien de jours à partir et revenir avec la nuit ? Et cette retraite, elle se dit qu’elle l’a méritée. Oh, pas bien méritée, comme certains qui ont souffert et peiné plus qu’elle, mais méritée tout court, parce que depuis sa décision d’entrer à l’Education Nationale, elle était formatée pour partir à cet âge-là. Et que les avancées de la société font que ça n’est plus une fin mais le début d’une autre aventure. Elle compte bien en profiter, et que ce soit pour dix, quinze, vingt ans ou plus, il n’est pas trop tard.

Il serait peut-être opportun de le faire maintenant ce voyage au Portugal dont ils rêvent depuis longtemps. Profiter des belles journées d’arrière-saison sans la cohue des vacanciers. Après tout, c’est à notre tour de laisser les visites de Juillet/Août aux familles avec enfants. Tout le monde y trouve son compte. Un petit périple itinérant à travers l’Espagne pour saluer Gaudi et ses réalisations, une autre envie non encore assouvie, et cap sur Lisbonne et ses environs. Le routard se charge de tous les incontournables !

Ils rentreront juste à temps pour saluer le départ des hirondelles.

L’automne va s’abattre sur le pays. Les brumes matinales voileront le panorama en étouffant le chant des oiseaux. Le soleil, un peu plus bas, clignotera sur la rosée. Les arbres crâneront à qui inventera le jaune le plus doré, le rouge le plus flamboyant et le marron le plus lumineux.  Les premières feuilles  batifolent déjà  ou sont au sol prématurément. Les fleurs du jardin se délavent pour mieux renaitre dans quelques mois. Au potager, on se vexe de n’avoir pas montré cette année, de quoi on est capable. Ce n’est que partie remise, et les engrais verts qu’ils vont y semer consoleront  sa tristesse. Elle l’aime cette saison quand elle a tout loisir d’observer ses merveilles.

Dans la maison également, on ralentit. Le salon doit être mis à l’épreuve  avant toute métamorphose. La cheminée est-elle compétente ou sera-t-elle remplacée par un joli poêle à bois ? La couleur des murs sera de toute façon rafraichie et assortie aux rideaux et tapis réembauchés.

   Quant à la salle de bain, ce sera pour les beaux jours,  quand la caravane proposera une solution de repli pour la toilette. C’est le temps du cocooning et des soupes de potiron/châtaignes.

Epilogue

« Il est 6 heures, vous écoutez France Inter. Nous sommes jeudi 1er septembre 2011 et le soleil sera présent sur tout l’ouest »

Allez,  debout ma grande. C’est la der ! La dernière rentrée à assurer. Se motiver pour les dix mois qui restent n’est qu’une baliverne ! Et ensuite, tu le réaliseras, ton rêve.

Si vous saviez ce que ces quelques lignes avaient de prémonitoires !

 

3 réflexions au sujet de « I have a dream »

  1. Voilà Annie, je te rejoins de l’autre côté de la nouvelle barrière, celle de la retraite!!!
    J’ai pensé à toi et parlé de toi ce soir…au pot de la mairie. Mr Morin m’a demandé de tes nouvelles et il m’a chargé de te dire que tes palmes académiques attendent à l’inspection et qu ‘il aimerait bien te revoir. J’ai trop vite dit que tu étais revenue en juin, sans préciser pourquoi ; il a dû comprendre.
    Sylvie Avide (retraitable) aussi m’a informé…qu’il se retrouvait seul car sa femme est partie!! dur, dur!
    Sinon il y avait aussi Françoise brémond (en retraite depuis l’an dernier) et son mari.
    C’était bien sympathique…mais nous n’étions que 5!! et une seule nouvelle(ils avaient regroupé les 2 générations.) Bonne arrière-saison; nous avons de la chance!! bonnes balades en vélo !!!et bon courage pour la suite des travaux.
    Le quartier des forges continue de se transformer: le 2°bâtiment a été abattu!!

  2. Bonjour!
    I have a dream…j’ai presque le même pourrais-je dire!
    Internet ne peut diffuser diffuser odeurs, frissons et sentiments! C’est pas grave car ce texte le fait parfaitement.
    Sincérité, justesse et courage aussi car il en faut pour une telle aventure.
    J’espère que les espoirs et rêves annoncés en 2011 perdurent encore aujourd’hui et ont peut-être permit à d’autres de germer.
    J’ai découvert ce blog par pur hasard et je regarderai dès que le temps me permettra les articles nouveaux et anciens.
    Je suis encore pour ma part assez loin de la retraite. Je ne suis pas pressé d’y arriver mais la liberté nouvelle que frissonne ce texte donne cruellement envie!
    Vivre de ce que la nature peut et veut bien nous donner et mon chemin.
    Je suis jardinier depuis 8 années et je progresse doucement pour un jour caresser le rêve de pouvoir vivre le plus possible en autonomie.
    Alors Madame je comprends fort bien que vous n’êtes « Même pas vieille »!
    Madame le professeur ou institutrice je ne sais pas, voudra bien m’excuser si des fautes de grammaire ou d’orthographe se sont glissées dans ce message.
    L’école n’a pas été mon fort, celle de la vie n’est pas simple non plus, mais j’y suis beaucoup plus attentif.
    Très belle et bonne continuation. Bonne saison de jardinage!

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